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Le Shinkyokaï :
Rentrée mardi 8 septembre 2026 pour les adultes, mercredi 9 pour les enfants et adolescents !
Genèse du Shinkyokaï
Shinkyokaï est un « art martial* » à part entière dont les racines sont le Karaté-Jutsu, le Tang Soo Do et le Taï-Chi Chuan. Le Karaté-Jutsu est un tout, il est un « art martial » cohérent et efficace. Karaté-Jutsu est YinYang (InYo). Nous l’avons de longue date envisagé ainsi, à l’aune de l’harmonie. Si le combat est au cœur du Karaté-Jutsu, les Kata en sont l’âme et, au-delà de l’efficacité martiale, qui n’est ni négociable, ni une option, même si elle ne peut être absolue, car conditionnée par nombre de paramètres, il y a la formation de l’Homme, l’apprentissage de la vertu.
Point d’opposition stérile entre tradition et évolution ; la tradition est vivante, sans quoi elle devient mortifère, l’évolution est connectée à ses racines, sans quoi elle aboutit au chaos. Nous prenons acte des remarques incessantes quant à « notre » Karaté et devons admettre ce que nous avons refusé de regarder en face : si nous avons bien une démarche soucieuse de renouer avec le Karaté des origines, nous avons conscience d’avoir formalisé un « style » (le terme « Ecole » est plus approprié), ce que l’on appelle en japonais un Ryu. Et c’est dans l’ordre naturel des choses ! Il en est ainsi depuis des siècles. Cela signifie avancer sur sa Voie, proposer un autre versant en direction du sommet, apporter sa pierre à l’édifice, et nullement renier ce qui a été fait auparavant, ce qui nous précède. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons choisi pour notre Ryu un nom japonais, Shinkyokaï, « l’assemblée où l’on forge l’esprit ». Et cela passe notamment par la forge du corps !
Essence du Shinkyokaï Karaté-Jutsu
L’École ou Ryu Shinkyokaï est une forme ronde de Karaté-Jutsu qui entend renouer avec l’essence guerrière de l’art, utile pour le corps à corps, et pleinement imprégnée de ses dimensions culturelle et philosophique. Ainsi, nous travaillons dans l’optique du combat, du corps à corps (y compris lorsque nous faisons des bunkaï, d’où une attention portée aux points vitaux, qui ne représentent pas une vérité absolue), au renforcement musculaire, au cardio-training, mais aussi à la compréhension des sagesses et spiritualités de l’Extrême-Orient (zen, taoïsme, confucianisme) et dans le but de former un Homme vertueux, c’est-à-dire juste, loyal, instruit.
Le Keikogi du Shinkyokaï exprime la conception taoïste (YinYang) de l’univers, cette identité que nous pensons être très marquée en Karaté. Elle est intrinsèque au Shinkyokaï, d’où le choix du pantalon noir et de la veste (manches courtes) blanche, veste à col noir pour les ceintures noires. La veste est brodée, côté cœur, non du logo ou mon de notre dojo, mais de notre Ryu : l’Enso, le cercle zen, lui-même portant en son cœur les kanji « Shin Kyo Kaï ». Ainsi, notre cœur exprime, déclare l’empreinte et les racines japonaises de notre Ryu**.
La Voie de l’Esprit libre
Karaté-Do signifie littéralement « la Voie de la main vide » (en utilisant le kanji Kara pour « Vide »). Karaté-Jutsu, c’est « la technique de la main Vide » (toujours en utilisant le kanji Kara pour « Vide »). Une fois la traduction opérée, demeure l’épineuse question de l’interprétation. Dès lors que l’on considère le concept « Vide » (Kara) sur le plan de la spiritualité martiale, on peut admettre que te, la main, est le prolongement de shin, l’esprit. Mushin, c’est « l’esprit pur », « l’esprit vide », « l’esprit libre ». Dès lors, Karaté-Do devient, par transposition au-delà de la traduction littérale, et c’est au cœur de la quête spirituelle et philosophique du Shinkyokaï, « la Voie de l’esprit libre », sans contraintes.
Un Karaté-Jutsu taoïste
Si les rituels et l’acquisition de connaissances formalisées pour former l’Homme vertueux sont essentiellement issus de l’idéal confucéen, l’influence majeure de notre Karaté-Jutsu, qui a imprégné jusqu’au zen, est le taoïsme (ou daoïsme). Cette philosophie, qui a émergé en Chine dès le VIe siècle avant notre Ere, conçoit l’Univers et son fonctionnement selon les principes du Tao (ou Dao), la Voie : elle amène le mouvement et l’alternance perpétuels, à partir de deux forces contradictoires et complémentaires, l’énergie interne, féminine, terrestre, Yin (« ombragé »), et l’énergie externe, masculine, céleste, Yang (« ensoleillé »).
Notre Karaté-Jutsu se veut instinctif. Cherchant l’équilibre entre absorption et restitution, il intègre les principes chinois du taoïsme, au premier rang desquels le Wu-Weï (« ne pas forcer »***). Nos élèves sont donc invités à aiguiser leur perception et à s’inscrire dans une démarche intuitive.
Le logo de Shinkyobudo revendique cette influence. Il s’appuie sur la représentation graphique du YinYang, le Taïjitu, qu’il a ajuster à sa dynamique propre : le Yang, associé au feu qui monte, au soleil, est rouge, le Yin, associé à la nuit, aux profondeurs maritimes, est noir. Chaque énergie comprend un élément de l’autre. Ainsi, le Dragon, animal Yang par excellence, incarnant le Ciel, la puissance, la vitalité et la fluidité, remplace le point rouge Yang dans le Yin, tandis que le Tigre, qui, face au Dragon, symbolise l’énergie interne, associé à la patience, au chasseur à l’affût, remplace le point noir dans le Yang. Notre Ecole étant à Aix-en-Provence, la Sainte-Victoire est représentée en blanc à la lisière des deux créatures.
Les principes fondamentaux du Shinkyokaï Karaté-Jutsu
– La respiration
– Le relâchement
– L’ancrage
– Le cercle
– Le sabre
– La flèche
– La fluidité
– L’explosivité
– La détermination
– La vacuité
* « Art martial » est une traduction impropre de l’expression Budo qui signifie littéralement « la Voie de la guerre » ou « la Voie du combat ».
** Sur notre premier Keikogi, les kanji brodés étaient Karaté-Do, signifiant « la Voie de la main de Chine », usage du « Kara » originel, pour rappeler les origines chinoises de notre Voie et les vertus confucéennes auxquelles nous sommes attachés. Du reste, ces kanji se lisent en coréen Tang Soo Do, une discipline qui a grandement influencé notre Ryu.
*** Wu Weï est trop souvent (et improprement) traduit par « non agir ».
Le Karate :
Le Karaté-Jutsu (c’est ainsi qu’on l’appelait jusque dans les années 30) est une méthode de combat rapproché, total.
C’est un « art martial » qui utilise de façon rationnelle toutes les armes naturelles du corps (coudes, genoux, mains ouvertes, pieds, tête, etc.), contre un ou plusieurs ennemis. Il privilégie les frappes sur les zones les plus vulnérables, y compris les kyusho (points vitaux). Dans notre École, nous travaillons aussi les défenses sur coups portés, mais également sur saisies (aux membres, au col, au cou, …), les clés de bras, de jambes, les projections et les étranglements. 
Cependant, ce dernier type de techniques est particulièrement « sophistiqué », si bien qu’il est délicat à maîtriser et rarement adapté à une situation de combat réel ; nous considérons de surcroît, à Shin Kyō Budō, qu’aucune « prise » de type clé ou immobilisation ne doit être faite sur l’agresseur si elle n’a pas été précédée d’un atemi (coup) au moins. Effectivement, tenter de passer une clé en force sur un individu qui n’est pas « conciliant » est potentiellement plus dangereux pour soi que pour lui ! Cela donne des indications trop nettes sur nos intentions, limite notre capacité d’action et accorde à l’assaillant une possibilité de reprise d’initiative qui peut nous être nuisible, voire fatale.
Le Karaté est également une expression active du zen. Ainsi, les cours à l’Ecole Shin Kyō Budō accordent toute leur place à la méditation, la relaxation, le travail en relâchement et la gestion des émotions. L’esprit s’en trouve affûté et les dimensions culturelle, historique et philosophique font partie intrinsèque de notre enseignement. Maître FUNAKOSHI Gichin, considéré (peut-être hâtivement) comme « le père du Karaté moderne », voyait dans « l’art martial », à l’instar de son ami KANO Jigoro, fondateur du Judō, un outil d’éducation social, un cheminement pour toute la vie. Dans cette conception, le Karaté est un chemin spirituel, une recherche de l’épure, de la perfection, de la maîtrise de soi. Dès lors il devient un Dō (une Voie).
Enfin, le Karaté a pensé, dès l’origine, à rendre le corps plus robuste. De fait, nos cours accordent une importance particulière au renforcement musculaire, au développement des capacités d’endurance et de souplesse. Aussi, le renforcement musculaire (poids de corps et avec partenaires), le cardio training, les assouplissements, font partie intrinsèque de l’entraînement à Shinkyobudo et ne sont pas une option. Ces éléments visent aussi à forger l’esprit, la conscience, le mental : repousser ses limites et le dépassement de soi sont des composantes de l’entrainement, de la formation et au coeur de notre philosophie.
Un peu d’histoire :
Lorsque le Karaté a été « exporté » d’Okinawa au Japon, on parlait de Karaté-Jutsu (technique de la main de Chine). Il ne deviendrait un Dō (une Voie à la fois martiale et d’éducation sociale) qu’en intégrant la grande famille des Budō, et fut alors rebaptisé Karaté-Dō (Voie de la Main vide). Une intégration de « l’art martial » indigène d’Okinawa qui ne fut pas évidente, loin s’en faut. Le Karaté-Jutsu désigne la discipline dans sa dimension la plus utilitaire : le combat rapproché, donc le combat réel. Il faut bien entendre par-là que le Karaté-Jutsu est un art guerrier ! Le travail peut ici se décliner également en applications « Self Defense civile ». Rappelons que le Karaté d’Okinawa aurait été élaboré dès le XVIIème siècle, probablement en résistance à l’invasion japonaise du Clan Satsuma, et fut longuement mûri jusqu’au milieu du XXème siècle. Il se décline ainsi en une multitude de styles – dont le Shotokan-Ryû, étudié à l’Ecole Shin Kyō Budō -, tous issus des anciens Naha-Te, Shuri-Te et Tomari-Te.
Les techniques de percussion, de luxation / soumission et de projection du Karaté sont issues du Quan-Fa (boxe chinoise) bien sûr, mais parfois inspirées du Ju-Jutsu, du Judō, de l’Aïkidō, ou encore du Kempo. Enfin, le sabre (style Jigen-Ryû) exerce également une influence considérable sur le Karaté-Jutsu.
Plus personne ou presque aujourd’hui n’emploie l’expression « Karaté-Jutsu ». Nous désignons donc notre méthode sous le terme couramment admis de « Karaté-Dō », en pleine adéquation avec l’objectif d’éducation sociale de Maître Funakoshi, mais en restant centrés sur les objectifs qui sont ceux de l’approche « Karaté-Jutsu ». Par ailleurs, nous enseignons le Karaté-Dō Shinkyokaï : un style rond, fluide, explosif, très offensif, qui pousse le combattant à s’inscrire dans une dynamique d’adaptation.

