Karate -Jutsu

Lorsque le Karaté a été « exporté » d’Okinawa au Japon, on parlait de Karaté-Jutsu (technique de la main de Chine). Il ne deviendra un Dô (une Voie à la fois martiale et d’éducation sociale) qu’en intégrant la grande famille du Budô. Le Karaté-Jutsu désigne la discipline dans sa dimension la plus utilitaire : le combat rapproché, donc le combat réel. Il faut bien entendre ici que le Karaté-Jutsu est un art guerrier ! Le travail peut ici se décliner également en applications « Self-Défense civile ».

Le Karaté-Jutsu propose un arsenal technique complet (coups, pressions, torsions, …). Les dites techniques peuvent être effectuées sur l’ensemble du corps de l’agresseur, y compris ses articulations (Kansetsu-waza). Elles sont issues directement du Karaté bien sûr, mais parfois inspirées du Ju-Jutsu, du Judô, de l’Aïkidô, ou encore du Kempo (notamment ce que l’on appelle « clés », étranglements et autres moyens de soumission de l’assaillant). Enfin, le sabre (style Jigen-Ryû) exerce également une influence considérable sur le Karaté-Jutsu. Concernant les frappes, les mains ouvertes et les coudes sont privilégiés à d’autres armes naturelles. De fait, en « pieds-poings » on privilégiera les techniques courtes, le corps à corps et des zones de frappes précises. Les clés et projections visent elles, à rompre l’attaque en infligeant une douleur mais en limitant le risque de blessures graves dues à des coups portés sur l’agresseur (même si l’on peut aller jusqu’à la « casse »).

JB vs Flo2

Le Karaté-Jutsu est donc une approche de l’affrontement adaptée à des situations de combat rapproché, total.
Dans notre École, nous travaillons ainsi les défenses sur coups portés, sur saisies (aux membres, au col, au cou, …), les clés de bras, de jambes, les projections et les étranglements.
Cependant, ce dernier type de techniques est particulièrement « sophistiqué », si bien qu’il est délicat à maîtriser.
Nous considérons de surcroît, à Shin Kyô Bu Dô, qu’aucune « prise » de type clé ou immobilisation ne doit être faite sur l’agresseur si elle n’a pas été précédée d’un atemi (coup) au moins.
Effectivement, tenter de passer une clé en force sur un individu qui n’est pas « conciliant » est potentiellement plus dangereux pour soi que pour lui ! Cela donne des indications trop nettes sur nos intentions, limite notre capacité d’action et accorde à l’assaillant une possibilité de reprise d’initiative qui peut nous être nuisible, voire fatale.